Grégory


«  Jean de la lune  » vous connaissez ?


Ce personnage assis sur un croissant de lune, la tête dans les étoiles et bien c'était le surnom que m'ont collé les instits à l'école primaire, et ce à juste titre, 
tous les jours que ce soit à l'école, chez moi, n'importe où ...
ce surnom révélait mon état d'être.

Je laissais partir mon esprit et de ce fait n'avais jamais les pieds sur terre. Je me suis créé un autre monde dans lequel je partais régulièrement en voyage. Le rêve était l'état dans lequel je me vivais les trois quart du temps, surtout quand je me trouvai en classe à l'école, ou dans le cadre familial, entouré d'adultes.

M'isoler par le rêve me coupait des relations avec mon entourage, ma solitude devenait de plus en plus insupportable. 

En effet, je pouvais m'isoler de mes parents quand ils donnaient leurs ordres, leurs interdits, leurs conseils ...

Dans ces cas là, ils me parlaient et je n'entendais rien de leurs mots. C'est l'école qui m'a fait prendre conscience de ce phénomène d'isolement qui jusqu'alors faisait parti de moi sans que je m'en rende compte réellement .

Imaginez la réaction de l' instit, pendant que je suis assis tranquillement sur ma chaise qui m'appelle plusieurs fois par mon prénom sans que je l'entende, et qui finit par le crier et ne voyant toujours pas de réaction de ma part, tape sa règle métallique d'un coup sec sur son bureau pour me sortir de ma rêverie.

Les premières fois qu'il a réalisé que je m'absentai lors de ses discours, il était surprit de mon attitude, puis l'effet de surprise passé, cela à tourné à l'agacement, dans certains cas à la colère...

Ma non-présence à doucement été traduite comme étant de la stupidité, « N'est pas là, ne fait rien ! » entendais-je régulièrement des différents enseignants. « NON » me disais-je sans toujours y croire, je n'étais pas plus bête que la moyenne. Aujourd'hui je sais que le rêve est une activité à part entière, un moyen d'expression comme un autre, certes pas reconnu car non palpable mais qui traduit un état d'être, un vécu physique.

Pendant ces moments ou j'étais sensé comprendre les dires de l'enseignant qui ne trouvaient pas d'application concrètes dans ma vie de tous les jours. Ces soi-disant leçons qui répondaient si peu à ce que j'étais, été inculquées nécessairement de force... méthode que l'on nomme curieusement : par cœur !!! Ne serait-ce pas une trace de la perversité de notre monde, que de nommer certaines choses par leur contraire pour mieux faire passer une réalité douteuse ?... En tout cas, je « décrochais » car le contenu de beaucoup de cours étaient vide de sens à mes yeux, et me posait quelques questions...


Comment se fait-il qu'une personne sensée vouloir transmettre son savoir

et ayant fait des études à ces fins ne sache pas le faire ?

Pourquoi la majeure partie des enseignants sont en souffrance face à leurs élèves,

exprime une colère quasi permanente pour certains d'entre eux ?


Je me demandais si au fond, si les importantes différences d'âge entre les enseignants et les enseignés permettaient de comprendre ce que vit l'autre ...


Cet instit, au même titre que ses consœurs et confrères était-il formé afin que

son enseignement soit reçu et entendu de tous les élèves de la classe ? 

Il me semblait qu'il y avait une contradiction, entre l'enseignement standardisé, et les individualités si particulières que chaque élève représentaient...


Comment ce système pouvaient prétendre être porteur de démocratie sans prendre en compte les différences de nature, de vécu, les besoins, les envies des jeunes ?


Je me remémore un camarade de classe Nicolas, qui bégayait dès qu'il ouvrait la bouche. Ses camarades se moquaient de lui et les enseignants impuissants ne savaient comment réagir.


Leur seule réponse face à cette situation était d'ordonner

à l'ensemble de la classe de se taire !...

Quelle misère !

D'autant que cette carence en relation

ne semblaient pas préoccuper les pourvoyeur d'éducation !

Aucun ne pouvaient aider Nicolas à être entendu,

à lui donner confiance en lui pour qu'il pose sa parole...


Je me souviens aussi de Caroline qui pouvait tout retenir par cœur dès la première écoute ou à la première lecture. Elle était reconnu à chacune de ses notes comme la plus douée de la classe (quel mérite pour elle !... et pour le prof !). Matthieu, lui, qui était super-actif et ne pouvait rester trop longtemps assis et quittai régulièrement sa chaise... et ceux et celles qui ne savaient pas encore lire à l'âge voulu sans que personne ne cherche la véritable cause de ce retard d'apprentissage et par conséquent restant sans les aider à dépasser leurs manques... et à tous les autres, tous différents …


Comment savoir qui sont ces jeunes en construction en ne mettant en avant

que leur qualités d'adaptation à un système uniformisant ?


Si chacun est différent, non seulement la façon de parler, de ressentir, de comprendre va être exprimée de multiples façons suivant les individus, mais les besoins, les fonctionnement, la construction de chaque individu le sont aussi. Il me semble aujourd'hui évident que nous avons tous besoin d'une nourriture spécifique qu'elle soit alimentaire ou psychique, suivant notre nature.


Un enfant qui n'est pas nourrit selon sa nature, que devient-il en devenant adulte ?

Peut-il se sentir fort dans son corps et dans sa tête ?


Cet adulte n'ayant pu exprimer sa créativité, il la sacrifiera se laissant agir par ses peurs, cherchant une rassurance n'ayant pas les moyen de s'affirmer. Il ne se vivra pas entièrement, laissant une partie de lui-même de côté, empreint alors à des frustrations, des blessures, des dépendance, ne pouvant se vivre dans ses pleines forces.


Je souhaite dire à celles et ceux qui rejoindront l'association TIJ que nos manques ou les soi-disant défauts que nos aînés ont su si bien relever et discréditer ne doivent pas nous empêcher de croire en nous, au contraire même, ces actes et paroles souvent empoisonnées peuvent nous rendre encore plus fort … Cela peut paraître une évidence pour la plupart des gens mais il m'a fallut une bonne dose de confiance en moi pour comprendre que mes manques pouvaient se transformer en qualités.


C'est à cet âge que j'ai appris que « nous naissons tous égaux »

 


INCROYABLE !!!

Comment se fait-il dans ce cas que nous soyons tous casés dans un système de compétition,

notés, comparés les uns avec les autres ?

Ceci est valable pour des clones, des individus ayant les mêmes façons de penser, les mêmes tailles etc … Dans ce cas et uniquement dans ce cas la comparaison est possible puisque les individus sont identiques dès le départ. Même des vrais jumeaux apriori semblables sont des êtres bien distincts et différents, possédant chacun leur propre corps, avec chacun une mission de vie particulière.

 

Avec l'association TIJ je veux faire autrement. Nous pouvons aujourd'hui proposer et dépasser cette compet' permanente ne serait ce qu'en se réunissant et en partageant qui nous sommes et ce que nous voulons pour notre futur.

La richesse de nos différences mise en commun où chacun à sa place sans être plus ... ou moins ... que son voisin, c'est une des initiatives que je mets en place au TIJ.

Une des spécificités de Jean de la lune qui faisait parti de moi, celle qui me faisait rêver d'un autre monde et ne s'impliquait physiquement dans aucune action s'efface chaque jour un peu plus.

Grâce au TIJ et à toutes les actions nécessaires à son fonctionnement, en étant quasi en permanence sur les routes, à apprendre des gens que je rencontre, à recevoir tous les cadeaux de la vie offerts en chemin, toujours aux moments ou  je m'y attends le moins, ce personnage disparaît son imagination, sa créativité  sont dorénavant transformées en actions, en implications concrètes, tendues vers un objectif : mettre les pieds sur terre en pensant et surtout en réalisant mes projets dans la matière, aller jusqu'au bout des mes envies, les vivre.


La structure du TIJ me fais vivre en permanence des tas d'expériences et je veux apporter aux autres jeunes qui le souhaitent cette façon de faire, unique et propre à cette association :

de laisser enfin vivre toutes mes envies pas toujours compréhensibles par les plus âgés, qui conseillent de ne pas faire. Je souhaite savoir comment conseiller l'autre sur une expérience qui n'a jamais été vécue par lui même ?

Le TIJ offre un espace, un cadre sécurisé pour enfin s'autoriser à faire que nos créativités uniques et complémentaires créent cette force tant désirée, tant nécessaire pour notre humanité en obligation de changement !


Si nous pouvions enfin nous REALISER par nous-même...

Plus de « si... » ici, place à notre réalité !

 

                                                                       Grégory, responsable de l'association

 
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