Bonjour,
Et bien NON, vous ne lirez pas de C.V... je mets ainsi de côté, le jeu des
spéculations intellectuelles qui misent sur le cheval médaillé par les censeurs qui rejettent les mauvais, c'est à dire ceux qui ne s'adaptent pas au jeu de la compétition pour l'abattoir. Je
remercie mes anciens employeurs qui me donnèrent un « sale...aire ». Je préfère aujourd'hui, avoir un « bon...aire » et respirer à plein poumon mes besoins d'expériences
correspondants à ma réelle nature. Je préfère regarder le futur plutôt qu'un passé qui nous montre chaque jour combien il est périmé, combien il ne sert à tirer aucune sagesse. J'ai quasiment
tout oublié de mes leçons ingurgitées sur les bancs de l'école à part une chose : y avoir passé beaucoup de temps à m'ennuyer.
Je savais au fond ne pas vouloir de l'école, me sentir mal dans le système scolaire
national... sans pour autant savoir où aller, comment m'orienter... Une question me tarabustait, me trottait sans cesse dans la tête et me disait :
- « Que fais-tu ? », « Qui es-tu ? », « Où vas-tu ?
»...
Je ne trouvais pas ou peu de réponses autours de moi, qui puissent m'aider à y voir
plus clair. J'essayais de m'accrocher aux structures de la société : boulots, professions et études. Mon manque de confiance en moi, ne me permettait pas de trouver en moi, les réponses que je
cherchais. Mon besoin de reconnaissance me rendait fragile et dépendant de ceux dont pourtant les propositions , les principes ne me convenaient pas.
J'ai réalisé qu'en fait la plupart ne savaient faire autrement qu'en faisant du
chantage à leur progéniture ! Voilà comment les plus grands fonctionnaient et imposaient un semblant
d'autorité ! Je les ai vu comme ayant peur de la force de la jeunesse, de cette puissance
potentielle dangereuse pouvant faire bousculer leur train-train, leur habitude et pour finir leur « sacro-saint » confort ! Se dessinait devant mes yeux, de plus en plus clairement
qu'ils ne voulaient pas lâcher leur pouvoir... obtenu et maintenu par le seul fait de freiner les plus jeunes à coup d'interdit, de fausse morale, de conditionnement à la peur notamment du futur,
etc...
Oui mais voilà, cette vision de notre société qui s'imposait à moi me désarmait me
faisaient grand peur (m'effrayait) ! Sur qui pouvais-je donc compter ? Plus je tentais de trouver ma voie et plus je prenais conscience que j'étais le seul apte à pouvoir prendre des décisions me
concernant... car à chaque fois que j'ai adopté une idée qui ne m'appartenait pas, j'usais d'encore plus d'énergie pour m'en sortir. Comme lorsque je me soumis aux règles de l'éducation
nationale qui me força à choisir une profession ou je craquai dès la première année de BTS et décidai d'abandonner cette voie... Faire semblant ne pouvait plus durer pour moi... Aucune expérience
n'étant réellement proposée à l'école, tout restait théorique pour ensuite rentrer dans des parcours déjà établis... mais rien ne prenait en compte ma difficulté à m'affirmer. Je décidais alors
de quitter ce qui ne me donnait pas de solutions à mes difficultés. Au fond cela avait un goût d'aventure qui ne me déplaisait pas... Je ne pourrais alors m'en prendre qu'à moi-même en cas
d'échec, en tirer une vraie leçon et être fier d'avoir pris par moi-même des responsabilités, de les assumer et de les éprouver quel que soit l'issu de mon expérience... et ainsi pouvoir
prétendre un jour avoir réellement confiance en moi, par mon propre vécu et non pas par adoption d'opinions et de points de vue théoriques et spéculatifs.
A mes 21 ans, je répondis à un appel intérieur, à une forte attirance qui m'emmena
au Mexique.
Je me demandais pourquoi de grandes civilisations, comme les Mayas et Egyptiens nous ont légué quelques-unes de
leur connaissance en laissant des traces grandioses (pyramide, dont la grandeur n'est pas tant monumentale que humaniste puisque conçues pour que tout intéressé de quelque niveau social soit
initié aux différentes forces recueillies dans les lieux ; un calendrier qui s'averre être beaucoup plus naturel que le notre dit "grégorien" etc...) Ces peuples ont en plus connus une durée
d'existence, que nous ne connaissons plus... nous qui sommes pris dans un système ayant réussi en moins d'un siècle, à massacrer la majeure partie de notre écosystème.
Cette première expérience loin de mon terrain parental, me donna confiance en moi et je pus dire : « je suis
capable de faire ce qui me tient à cœur, je souhaite découvrir l'humain et ses réalités dans ce qu'il a d'universel et en même temps d'unique ». Ainsi mes débuts de recherches "en humanisme"
prirent appuis sur nos ancêtres.
Comment des peuples entiers ont-ils vécus en collectivité
en perdurant alors que nous
avec notre soi-disant intelligence nous nous entretuons ?
L'homme moderne aurait-il perdu sa tête ? peut-être le devrait-il...
ou devrais-je plutôt dire : où est passé sa cohérence, son bon sens,
son intuition, sa conscience ?
Que c'est-il donc passé ?
...quand bien des enfants se voient devoir sacrifier leur enfance
dans des camps de conditionnement, pour apprendre quoi ?...
à part rester assis toute la journée pendant quasi toute son existence...
quand nous nous désintégrons à coup de médicaments et de bistouri...
quand notre « corps » médical nous retire nos organes
prétextant qu'ils ne servent pas à grand chose...
quand il opte systématiquement pour la chimie, l'industrie,
des systèmes ultra polluants comme solution à nos difficultés !
quand nous ridiculisons les soi-disant « sous-développés »,
que nous n'osons plus nommer « sauvages », qui eux voient de l'esprit,
une perfection dans la nature, là où nous nous voyons un simple décor,
un espace de consommation et d'exploitation ?
Le fait d'expérimenter, de partir vers l'inconnu m'a permis de commencer à
comprendre ce que le mot différence voulait dire, par le simple fait de rencontrer des individus avec une autre culture, d'autre religion, d'autre vision de la famille, de la vie, de la mort...
cela m'a aidé à avoir du recul sur cette machination globale de l'homme blanc qui imposa ses lois au reste du monde.
Devenir mon propre laboratoire pour mieux discerner ce qui est juste pour moi, m'accorder avec chacun dans un
cadre amical, au sein d'un collectif d'amis convaincus de nos forces et s'aidant les uns les autres pour concrétiser nos objectifs. Voilà une de mes motivations pour participer à cette
expérience du TIJ.
Expérimenter, se tester, qu'avons-nous à faire d'autre...? Notre âge n'est-il pas
celui ou les besoins de découverte, de tests dans différents milieux et d'expérimentations sont
nécessaires, voir vitaux ! Les théories sont pour moi insuffisantes pour se réaliser, seul ce qui me
prend aux tripes, qui me donne une émotion non pas issue d'un phénomène virtuelle, non plus acquis par procuration, mais provenant de mon propre vécu, mes propres découvertes... me permet de me
comprendre, de pouvoir agir en intelligence avec ce qui m'entoure, et de répondre de ce que je suis véritablement.
Je me fais une joie à l'idée de nous découvrir autour d'une direction commune : la richesse de nos différences pour porter fièrement la bannière de notre jeunesse
!
Jérôme, animateur et trésorier